Rencontre avec Véronique Lieubray, mélomane lumineuse au Thou.

Pour Véronique, installée au Thou depuis 2022, le Marais poitevin possède sa bande-son secrète. C’est une ballade suédoise qu’elle chantait autrefois, « Sakta gå hem genom stan ». Une mélodie cinématographique qui raconte la marche dans la nuit, le réveil des oiseaux et la caresse de l’air frais sur la joue au lever du jour. « C’est exactement l’atmosphère du Marais », confie-t-elle avec un sourire. Une ambiance de brume et de lumière qu’elle a retrouvée ici, comme si ses racines du Nord venaient enfin rencontrer la magie discrète de notre territoire.

Pourtant, son arrivée n’était pas écrite. Véronique cherchait simplement de la pierre, un jardin et de la clarté. Elle avait même tenté de rationaliser son projet avec un tableau Excel, listant des critères précis et des cases à cocher. Mais dès qu’elle a franchi le seuil de sa maison actuelle, la logique a laissé place à l’évidence. « Ça ne cochait pas grand-chose sur le papier, mais ça cochait tout dans le cœur. » Ce coup de foudre a été scellé par l’accueil des anciens propriétaires, qui ont organisé un pot pour lui présenter ses voisins. Un geste simple, mais fondateur, qui a fait qu’elle ne s’est plus jamais sentie étrangère.

C’est au fil de ces rencontres qu’elle a découvert qu’au Thou, derrière les façades tranquilles, battait un cœur de jazz insoupçonné.

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Grande amatrice de musique, elle n’en revient toujours pas : dans ce village de quelques milliers d’habitants, une association fait venir des pointures internationales. Désormais, elle écoute dans la salle des fêtes locale les musiciens qu’elle applaudissait autrefois sur les scènes parisiennes. Mais ici, l’expérience est autre. On arrive avec son plaid et son pique-nique, on partage une table, on rit entre amis avant que les premières notes ne s’élèvent. Les artistes, logés chez l’habitant, deviennent des invités que l’on croise en toute simplicité. « C’est d’une sincérité absolue, explique Véronique. Ce n’est ni du folklore, ni de la mise en scène. C’est du partage. »

Depuis, elle voit le Marais comme une mélodie enchantée où le bruissement de l’eau répond aux notes cuivrées d’une trompette.

Tout nourrit son imaginaire, du calme des canaux aux légendes de trolls qui peuplent ses souvenirs d’enfance. Pour Véronique, la culture ne se consomme pas de loin : elle se vit à hauteur d’humain. Aujourd’hui, elle n’a qu’une envie : transmettre à son tour cette chaleur reçue en arrivant. Car pour elle, c’est ainsi, par ces petits gestes, ces trocs-plantes et ces moments suspendus, qu’un lieu finit par devenir un véritable « chez-soi ». Une mélodie qui commence sur une terrasse, se poursuit au bord d’un canal et se prolonge, longtemps, dans les cœurs.

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