Rencontre avec Cédric Valentin, aventurier matinal à Marans.

On arrive parfois à Marans par hasard. Lui y est venu par amour. Juste avant que le monde ne se fige lors du premier confinement, Cédric quitte ses racines pour rejoindre sa compagne. Ce qui ne devait être qu’une escale temporaire s’est transformé en une évidence : le calme, l’appel de l’eau et l’immensité des espaces l’ont retenu. Aujourd’hui, la vie s’est ancrée. Dans cette ville à taille humaine où « la mayonnaise a pris », sa famille recomposée a trouvé son port d’attache. Ses jumelles, Margot et Maloé, y grandissent au rythme du canal, tandis que les chemins de nature deviennent leur terrain de jeu quotidien. Pour ce voyageur qui a parcouru l’Afrique et les sommets des Vosges, Marans est devenu la base idéale, un environnement qui respire et qui laisse respirer.

Cédric a reconnu ici ce qu’il a longtemps cherché : une nature changeante et vivante. Il aime cette frontière subtile où l’eau douce rencontre l’eau salée, ce port où même les Rochelais viennent chercher un peu de sérénité, et ces marais qui transforment la lumière à chaque heure. Pour lui, une seule sortie suffit pour changer de monde plusieurs fois. Sa matinée parfaite a d’ailleurs toujours le même parfum, celui du jour qui n’a pas encore tout à fait commencé. Les affaires sont prêtes depuis la veille : un sac à dos, quelques leurres, une canne à pêche et son vélo. Il s’échappe alors en silence, quand la ville dort encore et que seules quelques fenêtres s’allument timidement.

Il part sans carte et sans itinéraire, avec pour seul guide l’envie d’aller voir plus loin. Pédaler jusqu’à sentir le vent changer, poser le vélo au bord du canal, lancer la ligne et simplement respirer. Qu’il y ait du poisson ou non n’a aucune importance, car la performance n’est pas le sujet. Ce moment est une pause dans le quotidien, un souffle nécessaire pour se vider la tête avant que le tumulte de la journée ne reprenne. En quelques minutes, il traverse des forêts, des prairies et des digues, porté par une liberté que seul le vélo permet.

Avec les années, Marans est devenu pour Cédric un point d’équilibre rare entre le bruit et le silence. C’est le lieu où ses enfants apprennent à rouler sur les chemins de halage et où les vacances se remplissent de plaisirs simples. Chaque matin y est une promesse d’aventure : il suffit de suivre un chemin inconnu et de laisser la nature décider du reste. C’est ce mélange unique de calme et de mouvement qui fait de ce territoire un endroit où l’on accepte volontiers de se perdre un peu… pour mieux se retrouver.

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A la pêche !