Le temps d’un week-end de 3 jours, Éloïse et Jérémie ont posé leurs valises en Aunis Marais Poitevin pour s’immerger dans un univers où tradition et création se rencontrent. Une escapade ressourçante entre marché local, atelier artisanal, et plaisirs gourmands pour ce couple bordelais en quête d’authenticité.
Vendredi : la magie du vitrail à Chambon
Partis tôt ce matin de Bordeaux, Eloïse et Jérémie ont pris la route pour Chambon, petit village situé à quelques kilomètres de Surgères, en Charente-Maritime, pour un atelier vitrail d’une journée. C’est là qu’Anne-Sophie, vitrailliste passionnée, a installé son petit atelier dans une belle bâtisse charentaise.
En poussant la porte de l’atelier, Éloïse et Jérémie sont immédiatement saisis par l’univers un peu magique des lieux. Les vitraux suspendus le long des murs blancs renvoient leurs couleurs vives et dansantes.
Accueillis par Anne-Sophie, l’atelier débute par une présentation des outils et matériaux : le verre, les pinces à gruger, le coupe-verre au diamant, les plombs et l’étain pour la soudure… “Le vitrail, c’est d’abord une question de patience et de précision”, explique Anne-Sophie en leur montrant les gestes fondamentaux. “Chaque pièce de verre doit être coupée avec soin avant d’être assemblée comme un puzzle de lumière.” Maquette, coloration, coupe de verres… toutes les étapes sont expliquées patiemment aux participants.
Après un pique-nique partagé, l’après-midi s’écoule dans une concentration méditative. Sous la guidance bienveillante d’Anne-Sophie, les stagiaires apprennent à gruger les bords tranchants du verre, à souder les jointures…
Quand vient la fin de l’après-midi, elle les invite à placer leurs créations devant la fenêtre ; la lumière traverse soudain leurs œuvres, projetant des ombres colorées qui semblent donner vie aux motifs qu’ils ont créés. Une journée riche de transmission, d’échange et de création pour notre couple de bordelais, ravi.

Atelier vitrail 1 jour ©OTAMP
Vendredi soir : douceur de vivre
Le soleil commence à décliner quand le couple rejoint sa chambre d’hôtes, H. de Surgères, une belle demeure charentaise de plus de 200 ans, au cœur de Surgères. Benoît le propriétaire, les accueille avec cette hospitalité chaleureuse caractéristique de la région.
“Votre chambre est prête”, annonce-t-il en les guidant à travers les couloirs de cette belle bâtisse. La chambre est un havre de paix aux tons pastel, où chaque détail raconte une histoire. Le mobilier chiné avec goût, le parquet au charme ancien… tout inspire à la sérénité.
Ce soir, ils profiteront de la cuisine savoureuse de Benoît à sa table d’hôtes, concoctée avec des produits de saison, avant de s’endormir dans la chambre “la Belle Hélène”.
Samedi matin : l’éveil des sens au marché de Surgères
Le soleil a depuis longtemps percé les nuages quand Éloïse et Jérémie arrivent dans les halles du marché de Surgères. Il est 10h et le marché bat déjà son plein. Les étals colorés s’alignent, offrant un tableau vivant de la richesse des produits du commerce et du terroir charentais.
Regarde Jérémie, ces fromages ont l’air divins !” s’exclame Éloïse en s’approchant du stand de Caroline, productrice de fromages de brebis. Ses mains expertes façonnent depuis plusieurs années ces petits trésors lactés. “Goûtez celui-ci, il est affiné juste comme il faut”, leur conseille-t-elle en tendant un morceau de tomme. La dégustation est une révélation : crémeux, légèrement fleuri, avec cette note caractéristique qui signe l’authenticité d’un fromage fermier.
Plus loin, c’est l’étal de Pascal qui attire leur attention. Maraîcher passionné, il cultive ses légumes bio. “Ces tomates anciennes, c’est mon petit péché mignon”, avoue-t-il en désignant des fruits aux formes irrégulières et aux couleurs chatoyantes. Éloïse, passionnée de cuisine, remplit leur panier d’un assortiment coloré et de melon charentais qui garnira leur pique-nique du lendemain.
“À Bordeaux, on a de bons artisans, mais ici, c’est différent… On sent l’amour du terroir à chaque stand,” confie Éloïse à son compagnon.
Leur panier se remplit progressivement : quelques pots de miel de l’apiculteur local, du grillon charentais et une bouteille de Pineau des Charentes directement du producteur. Ces trésors gourmands les accompagneront à leur retour chez eux.

Marchés en Aunis Marais Poitevin ©Studio Thomas Bonnin
Samedi après-midi : gastronomie et farniente

Pour ce midi, cap sur Saint Pierre la Noue à quelques kilomètres seulement, pour goûter à une table hors des sentiers battus : Lotte et Liette. Une unique grande table en bois pour un maximum de 12 couverts et des produits travaillés avec soin par le Chef dont certains proviennent… du champ voisin. Un véritable régal culinaire pour nos tourtereaux qui découvrent une cuisine raffinée de produits de nos terroirs.
De retour à la chambre d’hôtes, Éloïse et Jérémie décident de s’accorder un moment de détente. Le vaste jardin de H. de Surgères les invite à la paresse avec ses coins ombragés et ses chaises longues au bord de la piscine.
Éloïse s’installe confortablement dans un hamac, qui se balance doucement sous son poids. Elle ferme les yeux, bercée par le chant des oiseaux et le bruissement léger des feuilles dans la brise. Jérémie la rejoint, deux verres à la main.
“Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai pris le temps de ne rien faire,” soupire Éloïse. Les heures s’écoulent dans une douce langueur. Tantôt ils somnolent, bercés par le balancement régulier du hamac, tantôt ils échangent à voix basse des projets d’avenir ou des observations sur ce qui les entoure.
“Tu sais, j’ai l’impression que le temps s’étire ici,” murmure-t-elle en regardant les nuages défiler lentement dans le ciel. “Comme si chaque minute valait double.”
Ce moment suspendu, loin des écrans et du tumulte urbain, leur apparaît comme un luxe inestimable. Quand vient le moment de quitter leur refuge, ils se sentent profondément ressourcés, l’esprit libre et disponible pour de nouvelles découvertes.
Dimanche : souvenirs imprimés
Le dimanche matin offre au couple un réveil en douceur au chant des oiseaux. Benoît a préparé un petit-déjeuner copieux sucré / salé, comprenant pâtisseries gourmandes réalisées par ses soins, fromages, charcuterie et yaourts faits maison. “C’est fou comme on prend vite goût à ce rythme de vie,” remarque Jérémie en savourant son café sur la terrasse fleurie de la maison d’hôtes.
Mais l’heure du départ approche. Sur la route du retour vers Bordeaux, les discussions vont bon train : “on va installer nos vitraux dans notre salon, face à la fenêtre ouest pour capter la lumière du soir,” projette déjà Éloïse.
Éloïse et Jérémie réalisent combien ces deux jours ont été riches en découvertes et en rencontres authentiques. Loin du tourisme de masse et des attractions formatées, ce week-end entre Surgères et Chambon leur a offert une immersion dans un art de vivre où la transmission et le partage occupent une place centrale.
Dans leur coffre, les produits du marché, leurs vitraux chatoyants et surtout, gravés dans leur mémoire, les visages de ces passionnés qui font vivre l’âme d’un territoire. Une parenthèse créative qui nourrit l’esprit et inspire à ralentir le rythme pour mieux apprécier l’instant présent.
“On revient quand ?” demande Jérémie à Éloïse alors que les premières maisons de la périphérie bordelaise apparaissent à l’horizon. Sa question, mi-sérieuse mi-plaisante, porte en elle la promesse de nouvelles aventures créatives à venir.
