Le Marais Mouillé

Un dédale de canaux

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hectares de Marais

Ici, pas de doute, le VERT domine en maître. Des branches protectrices jusqu’aux reflets émeraude de l’eau, la nature semble n’avoir jamais été troublée par l’homme. Et pourtant, depuis des siècles, les maraîchins se sont adaptés à ces terres changeantes. Une balade sur une plate, la barque traditionnelle du marais, à canoë, à cheval, à vélo ou à pied le long des sentiers vous permettra d’en découvrir les mystères…

Vous avez dit "mouillé" ?

Le marais est dit « mouillé », car l’eau y déborde régulièrement. En hiver, en cas de fortes pluies, la Sèvre Niortaise,  la Vendée, et les rivières de l’Autize, du Lay et du Mignon se déversent sur le marais mouillé, avant d’atteindre la mer. Il faut dire que le sol argileux du marais, dû aux dépôts laissés par l’eau il y a plusieurs siècles, est quasi imperméable, et très plat (la moitié du marais se situant à moins de deux mètres au-dessus du niveau de la mer). L’eau s’infiltre donc très peu, et s’écoule vers la mer avec lenteur. Elle peut alors monter jusqu’à 1 mètre au-dessus des terres. Un paysage atypique s’offre ainsi à nous : les terres se transforment en vastes lacs parsemés de frênes têtards émergeant de l’eau. Le marais mouillé est la partie la plus connue du Marais Poitevin.

Un brin d'histoire...

Au commencement était... l'eau

Il y a environ 10 000 ans, l’océan recouvrait une grande partie du marais. Les courants marins déposent dans cette vaste cuvette de nombreux sédiments, comblant, avec les alluvions venant de la terre, la cuvette que formait alors le golfe des Pictons. Jusqu’au Moyen-Age, les populations locales n’utilisent alors le marais que pour la pêche et la chasse, et exploitent les terres les plus hautes pour l’élevage.

L'aménagement des marais

A partir du VIIème siècle commence l’assèchement des marais. Ce sont les moines qui, les premiers, se lancent dans ce travail titanesque. L’assèchement permet ainsi de cultiver des terres riches grâce aux sédiments laissés par l’eau et la décomposition des végétaux. Ils construisent pour cela des fossés, permettant d’isoler les terres des inondations.

A la conquête du marais mouillé

Au XVIIème siècle, le marais connaît un nouveau tournant. Pour faire face aux famines, un programme d’assèchement des marais est lancé. Sont alors élaborées des digues, afin de préserver les terres de l’océan et des eaux de pluie. Le marais mouillé a dès lors, une fonction de protection du marais desséché, en y recevant les eaux de pluie. Au XIXème, les maraîchins creuseront une multitude de fossés afin de surélever les terres et permettre un écoulement plus rapide de l’eau. Pour éviter l’effondrement des berges, ils plantent des frênes le long des fossés et se déplacent en « plate » dans ce dédale de canaux.

La vie des "maraîchins"

Les habitants du marais mouillé que l’on appelle les maraîchins, vivaient en quasi-autarcie sur leurs terres. Pour se préserver des crues, ils s’installent en bordure de plaine. Ils  vivent d’élevage, de culture potagère, de chasse et de pêche.

Leurs maisons quant à elles, sont construites à partir du calcaire des plaines, et les tuiles proviennent du bri, cette fameuse argile extraite des marais.

Utilisant les nombreux canaux pour se déplacer, il était courant de voir passer des vaches en barque au coeur du marais !

Maison du Marais Poitevin

Une flore exceptionnelle

Les frênes tétards dans le Marais Poitevin

Au gré de vos balades, apercevez la riche flore du Marais Poitevin…

  • Le frêne têtard

    Le frêne têtard est emblématique du marais. Il fut planté le long des canaux pour éviter l’effondrement des berges. Il doit son nom au fait d’être taillé en « têtard », c’est-à-dire qu’on ne laisse pas pousser le tronc à plus d’1,50m-2m afin qu’il développe un réseau important de racines.

  • Le saule

    En bordure des cours d’eau, on aperçoit également des saules. Certains sont des variétés de saules pleureurs, d’autres produisent de l’osier, traditionnellement cultivé par les habitants du marais mouillé.

  • La lentille d'eau

    6 espèces de lentilles d’eau sont répertoriées dans le Marais poitevin. Cette lentille verte flotte sur l’eau et ne possède qu’une petite racine visible sous l’eau. En cas de fortes chaleurs estivales, elle peut former un épais tapis sur l’eau et empêcher les rayons de soleil d’entrer dans l’eau ce qui peut pénaliser faune et plantes aquatiques.

  • La Reine des Prés

    La reine des prés est une grande plante aux grappes de fleurs odorantes beiges qui se développe dans les prairies humides. Les anciens en récoltaient les fleurs pour ses propriétés médicinales, proches des composantes de l’aspirine. Son ancien nom, la « Spirée », aurait d’ailleurs donné son nom à l’aspirine.

  • L'iris jaune

    L’iris jaune pousse dans les canaux du Marais Poitevin et colore ses berges. Ses feuilles, large de 1 à 3cm, renferment des substances toxiques.

Une faune variée

Apercevrez-vous l’un de ces animaux du Marais Poitevin lors de vos excursions ?

  • La loutre d'Europe

    Longtemps chassée pour sa fourrure, la loutre est une espèce protégée depuis les années 1970. Excellente nageuse, elle vit au bord des cours d’eau et aménage son habitat sur la végétation fournie des rives, dédale de branchages et de galeries souterraines.

  • L'anguille

    L’Anguille est un animal emblématique du Marais poitevin. Etant comestible et très appréciée, elle fit la renommée du marais pendant des siècles. Aujourd’hui pêchée de manière exagérée (notamment les civelles, jeunes anguilles),  des passes à civelles ont été installées dans le marais. Elle était autrefois pêchée avec des nasses en osier qu’on peut encore apercevoir sur certains parcours de navigation en barque.

  • Le héron garde-boeufs

    Une silhouette trapue, un plumage blanc, un bec jaune et parfois des plumes orangées sur la tête, en période nuptiale. Voici le héron garde-boeuf, qui doit son nom au fait de se nourrir des insectes et petits animaux dérangés par le bétail pâturant dans les prairies. Il fait son nid dans les frênaies du marais mouillé.

  • Le gorgebleue à miroir

    Cet oiseau doit son nom au bleu vif de la gorge et de la poitrine des oiseaux mâles. Il a la spécificité de courir sur le sol comme une souris. C’est un oiseau migrateur qui niche dans les broussailles du marais.

  • L'écrevisse américaine et le ragondin

    L’écrevisse américaine et le ragondin sont des espèces envahissantes du marais. Introduit pour sa fourrure au 19ème siècle, le ragondin a envahi les marais et est considéré comme nuisible à cause des dégâts qu’il cause sur les berges. L’écrevisse quant à elle, fut introduite en 1911 pour faire de l’élevage. Elle provoque la destruction des herbiers aquatiques.

Loutre dans le Marais Poitevin

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